Aurélia Hallé

Premier volJe me souviens de mon premier vol. C’était un 1er janvier, il faisait un froid de canard et le Mont St Michel pointait le bout de son nez. Emmitouflée dans les pulls, combinaisons et bottes jusqu’aux mollets, c’est parti pour une simulation de décollage. J’entends alors « SERRE LA MAIN GAUCHE », bête et disciplinée, me voici dans le ciel. Je ne peux plus respirer, l’émotion me submerge. Je pleure, je crie, je rigole, j’entends à peine l’instructeur et ces conseils. JE VOLE !!!

Après quelques tours, je m’aligne. Je dois couper le moteur. Mes gants sont trop large. Je n’y arrive pas. Je cherche le bouton. Encore et encore. Je regarde ma main, je pars du coup a gauche, mais je suis proche du sol et je n’entends plus l’instructeur.  J’arrive à couper le moteur, je suis vraiment trop près, trop en virage, je regarde devant, ça me stabilise, je mets les mains aux fesses, la ressource me pose en délicatesse sur mes deux jambes, je maîtrise ma voile et m’assoie, toute équipée. L’instructeur court, il pense qu’il y a un problème, j’ai des larmes jusque dans les chaussettes, et un sourire béat jusqu’aux oreilles. Incapable de parler je réponds « oui tout va trop bien » avec ma tête toute déboussolée. Que d’émotions.  Et ça fait 8 ans que le paramoteur me fait sentir vivante.

Tes conseils de piloteToutes ces années, j’ai vu des pilotes commencer, des pilotes arrêter, des pilotes ne plus évoluer. Le conseil qui me tient à cœur : maintenez cette passion, et pour la maintenir il faut rester humble et en constant apprentissage.

Alors, allez voler, voyagez, découvrez d’autres clubs, découvrez d’autres disciplines, demandez conseils à votre instructeur, peut être que vous pouvez upgrader votre voile pour plus de fun, peut être qu’il aura un nouveau jeu à vous apprendre, allez parler avec ceux qui volent avec des très vieilles machines, les « anciens » ont de magnifiques souvenirs dont nous pouvons tirer leçon.

Mais le plus important est de se souvenir que nous sommes humains, avec nos défauts et nos faiblesses, nos qualités et nos points forts, mais si on a un doute, on ne vole pas.  Et faites vous plaisir, grâce à la liberté qu’est le paramoteur, en toute sécurité.

Tes enviesJe souhaite continuer de partager ma passion, en enseignant le paramoteur. Pour moi, rien de plus beau qu’un élève qui pose après son premier vol et qui rigole en pleurant à moitié. J’apprécie énormément partager, donner mon énergie pour que d’autres terriens expérimentent la 3ème dimension. Mon envie prioritaire est d’inspirer, motiver, encourager les futurs pilotes, les pilotes et continuer de les faire rêver.  Une envie plus égoiste m’a prise ces dernières années avec la compétition. Mon envie plus personnelle est de continuer de gagner des médailles en compétition internationale.  Pourquoi ? parce que : J’aime avoir mes trippes qui réagissent, sentir la peur m’obliger à compartimenter mon cerveau, sentir les solutions venir suite à des protocoles établis.  J’aime décoller et me sentir concentrer, sécréter de la dopamine, de l’adrénaline, me sentir « à fond », j’aime essayer de tout calculer à l’avance, j’aime chanter en attendant la manche, j’aime rigoler et crier pendant l’épreuve, j’aime atterrir sur les genoux avec un fou rire parce que j’ai donné plus que je pouvais, parce que la tension accumulée se libère. Vivons. Prenons un instant pour être nous, être le petit enfant qui réalise ses rêves, l’adulte qui les tempère, et notre moi qui fight dans notre tête en disant « non c’est pas raisonnable, allons y … »

 

Mes points fortsC’est compliqué pour moi de répondre à quels sont mes points forts. Je considère qu’il faut constamment apprendre et donc je me mets constamment dans mes limites et donc j’ai souvent l’impression d’être en difficulté. Mais c’est surement ça mon point fort, de toujours vouloir repousser mes limites et tirer enseignement de toutes les épreuves. D’être joyeuse et rigoler même dans les situations les plus critiques, parce que le paramoteur est un jeu, une activité de loisirs, une passion, une liberté que nous choisissons de prendre. Je suis aussi très têtue, si j’ai une idée en tête, j’ai tendance à remuer ciel et terre pour arriver à mes fins.

Mes points faiblesMes émotions. Les émotions sont chez moi source de vie. Et donc des fois elles vivent plus que de rigueur, notamment en compétition.  Je suis quelqu’un qui peut ressentir la joie et la peur dans la même demi heure.  J’ai beaucoup appris cette année à jouer avec elles, et je suis fière aujourd’hui de me sentir à l’aise avec mes peurs, mes colères et mes joies à chaque instant. La rigueur : Je trouve compliqué de s’entrainer seule avec rigueur. Je trouve difficile d’identifier une erreur et la corriger toute seule. C’est compliqué pour moi de me mettre en situation de compétition seule dans mon coin.  La rigueur pour obliger notre cerveau à être en condition n’est pas évidente. J’ai tendance à tricher ou à biaiser mon cerveau.

 

Mon Palmarès :

 

  • Brevet ULM
  • J’ai réalisé mon premier vol seule le 1er janvier 2010.
  • Ca fait donc 8ans que je vole en paramoteur et en parapente.
  • Je suis instructeur depuis 2013, date à laquelle j’ai aussi fait ma première compétition parapente.
  • Je vole en multiaxes depuis 2013.
  • J’ai commencé le parachutisme en 2014.
  • J’ai passé mon emport passager multiaxes en 2015.
  • J’ai mon brevet pendulaire depuis aout 2016 et je vole en tandem depuis 2017.
  • Stage entrainement compétition filles été 2015
  • 1ere compétition slalom en automne 2015 à Bornos (2ème place féminine)
  • Entrainement équipe de France à Bornos en mars 2016
  • Intégrée en équipe de France 2016 slalom pour aller aux championnats d’Europe
  • Médaille d’argent en féminine à la coupe du monde de paramoteur slalom Egypte 2017 (16ème au classement général)

 

 

Ton matériel :

  • Hadron XX 18
  • Chassis Yooda Corsair M
  • Hélices E-Props